La Sociètè gènèrale a fait tout ce qu'il fallait, estime Lagarde

Il l’aurait affirmé lors de sa garde à vue à la brigade financière. Ses avocats, eux, accusent la banque de tenter de maquiller des pertes dues aux “subprimes“.

PARIS (Reuters) - Christine Lagarde estime n'avoir “aucune raison de douter“ que la Société générale ait fait tout ce qu'il convenait de faire dans l’affaire ayant résulté dans une perte de 4,9 milliards d'euros que la banque impute à un de ses traders.

La ministre de l’économie et des Finances, qui était interrogée sur France 2, a par ailleurs jugé que la Société générale n'avait pas à craindre une possible fusion avec une autre banque.

Elle “n'est pas contrainte de s'adosser à un autre établissement financier“, a-t-elle dit.
Gilles Trequesser

Société Générale : le jeune trader aurait agi seul
(challenges) La garde à vue de Jérôme Kerviel, le jeune trader accusé par la Société Générale d'une fraude ayant fait perdre à la banque 4,9 milliards d'euros, doit prendre fin lundi 28 janvier en début d'après-midi. A l’issue des 48 heures d'interrogatoire, il pourra soit être remis en liberté, soit être présenté au parquet de Paris, qui pourrait alors ouvrir une information judiciaire et transmettre le dossier à un juge d'instruction en vue de sa mise en examen.

Trois plaintes ont été déposées pour “faux et usage de faux“, “atteinte au système de traitement automatisé des données“, “escroquerie, abus de confiance, faux et usage de faux, complicité et recel“.

Une enquête “extrêmement fructueuse“
Pour l’instant, l’enquête progresse, selon le parquet, de manière “extrêmement fructueuse“. Selon le chef de la section financière du parquet de Paris, Jean-Michel Aldebert, Jérôme Kerviel a affirmé aux enquêteurs être “bien“ physiquement et psychologiquement, et a apporté “des éléments très intéressants“.
Selon Le Parisien, il aurait affirmé avoir agi seul, dans le seul but de réaliser des profits pour sa banque. Il aurait nié tout enrichissement personnel.

50 milliards d'euros de positions
La Société Générale a expliqué, dimanche, que les positions frauduleuses prises par le fraudeur présumé s'élevaient à 50 milliards d'euros environ avant que la banque ne les déboucle en urgence. Un dirigeant de la banque a affirmé rien à ce stade ne permettait de penser que le trader mis en cause avait “bénéficié de complicités tant internes qu'externes“.
Les avocats du trader, Mes Elisabeth Meyer et Christian Charrière-Bournazel, accusent eux la banque d'élever un “écran de fumée“ pour masquer des pertes notamment essuyées dans “l’invraisemblable équipée des 'subprimes'“, et estiment que leur client n'a commis aucune malhonnêteté. Ils ont dénoncé “les conditions volontairement précipitées et tout à fait anormales“ dans lesquelles la banque “a liquidé des positions qui auraient pu se redresser avec le temps“, et on déploré le “lynchage médiatique“ de leur client: selon eux, le P-DG de la Société Générale, Daniel Bouton, a “livré aux chiens“ le jeune courtier. (challenges)